Si je vous dis Ouzbékistan, vous pensez sûrement à... pas grand-chose, en fait. Et c'est bien dommage. Parce que derrière ce nom qui sonne lointain se cachent certaines des plus belles villes qu'on ait jamais vues. Des coupoles turquoise qui magnifiques sous le soleil, des médersas couvertes de mosaïques, des bazars qui sentent l'épice et le pain chaud. La Route de la Soie, celle des caravanes et des marchands. Sauf qu'au lieu d'un mythe poussiéreux, on a trouvé un pays bien vivant, accueillant et facile à parcourir.
On a passé quinze jours à sillonner l'Ouzbékistan au mois de mai, de Tachkent la capitale jusqu'aux cités mythiques de Khiva, Boukhara et Samarcande. Quinze jours pour environ 1185€ par personne, vols internationaux compris. Oui, vous avez bien lu : un voyage à l'autre bout du monde, dans un pays qui fait rêver, pour le prix d'une petite semaine all-inclusive en juillet.
Dans cet article, je vous partage notre itinéraire, comment on a relié les villes (entre vol intérieur et taxis partagés, on vous explique tout), ce qu'on a mangé quand on est végétarien au pays du plov, et pourquoi mai est selon moi la période idéale.
📸 Toutes les photos ne rentraient pas dans l'article. Le reste est sur Instagram, dans mes stories à la une (@elsatra.travelplanner) : coupoles turquoise, ruelles désertes au lever du soleil et lacs du Tadjikistan vous y attendent.
Accès rapides ⚡
L'article est long. N'hésitez pas à naviguer plus rapidement en utilisant les liens ci-dessous.
Pour qui cet itinéraire est fait ?
Avant de vous lancer dans le récit détaillé, quelques mots sur le profil de voyageur pour qui cet itinéraire est idéal.
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Si vous aimez l'histoire, l'architecture et les vieilles pierres, vous allez être servi. Les villes de la Route de la Soie alignent médersas, minarets, coupoles et bazars couverts à un niveau qu'on voit rarement ailleurs. Chaque ville a sa personnalité : Khiva l'intime, Boukhara la vivante, Samarcande la monumentale.
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Si vous n'avez pas envie de louer une voiture, c'est l'itinéraire idéal. Entre le TGV Afrosiyob et les taxis partagés, se déplacer est simple, souple et abordable. On vous détaille tout ça juste en dessous.
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Si vous voyagez en solo, sachez qu'on s'y est sentis en sécurité en permanence. On a d'ailleurs croisé plusieurs femmes voyageant seules qui nous ont confirmé s'y sentir parfaitement à l'aise et qui recommandent la destination sans hésiter.
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Si vous aimez le slow travel, quinze jours vous laissent une vraie marge. De quoi visiter tôt le matin, se reposer aux heures chaudes, et caser une excursion nature sans courir d'un site à l'autre. On a pris le temps de prendre le temps sur ce voyage.
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Par contre, si vous cherchez la plage, le farniente et les journées à ne rien faire, passez votre chemin. Cet itinéraire, c'est de la découverte urbaine, de la marche, de la culture. Un dépaysement de tous les instants, mais pas une semaine de transat.
Avant de partir :
transport, visa et connexion
Relier les villes : train, vol ou taxi partagé ?
L'Ouzbékistan a une botte secrète encore peu connue : un TGV moderne et confortable, l'Afrosiyob, qui relie Tachkent, Samarcande et Boukhara de façon hyper fonctionnelle. Comptez environ deux heures entre Tachkent et Samarcande. Le seul problème ? Il se remplit très vite. En haute saison, il faut s'y prendre près d'un mois à l'avance. Donc si vous comptez le prendre, réservez dès l'ouverture des ventes, parce qu'en dernière minute c'est la loterie. On aurait pu tenter notre chance sur des places de dernier moment mais .... on a eu la flemme, j'avoue. Et on ne l'a pas regretté, parce que les alternatives se sont révélées très simples.
Petite précision utile, au cas où vous tomberiez sur de vieux articles qui vous promettent le train rapide jusqu'à Khiva : la ligne grande vitesse vers Khiva est toute récente et n'était pas encore parfaitement rodée lors de notre passage. Dans les faits, la plupart des voyageurs rejoignent Khiva soit en avion, soit en train de nuit classique, soit en transfert routier. Pour le reste des trajets, le taxi partagé (ou le chauffeur privé) a été notre meilleur allié. C'est simple, souple, local, et on vous raconte comment on a fait au fil de l'itinéraire.
Formalités : bonne nouvelle pour les Belges
Pas de visa pour entrer en Ouzbékistan. Et pas seulement pour nous : le pays s'est énormément ouvert ces dernières années, et beaucoup de nationalités sont logées à la même enseigne. Pour notre excursion d'une journée au Tadjikistan, pas de visa non plus. Il faut juste compter une bonne quarantaine de minutes pour passer la frontière. Rien de méchant, mais bon à savoir pour caler son timing.
Rester connecté : e-SIM ou SIM locale ?
Petit retour d'expérience qui peut vous faire économiser temps et argent. On a testé deux solutions en parallèle. Moi : une e-SIM Saily achetée avant de partir. Mon mari : une carte SIM locale prise sur place à Tachkent. Résultat sans appel : la couverture Saily était d'une lenteur frustrante, au point que j'ai fini par acheter moi aussi une SIM locale. Pour environ 5€ chez Beeline, on avait une quantité de data largement suffisante. Mon conseil : Prenez 1GB sur une e-SIM pour avoir du data et pouvoir gérer votre arrivée. Le lendemain, reprenez du data sur votre e-SIM si vous êtes satisfaits, sinon optez pour un SIM locale.
Tachkent
Une capitale surprenante
Les voyageurs ont tendance à la zapper pour filer direct vers les villes-musées de la Route de la Soie. Grosse erreur. La capitale a été l'une de nos plus belles surprises du voyage. C'est une ville qui ne ressemble à aucune autre, un mélange improbable d'héritage soviétique, d'influences russes, d'âme persane et de modernité ouzbèke. Bref, on a adoré.
Le métro, notre coup de cœur inattendu
Oui, le métro. Les stations de Tachkent sont de véritables petits palais souterrains, chacune avec son thème, ses lustres, ses mosaïques, ses colonnes de marbre. Pendant longtemps, il était interdit de les photographier : c'étaient des structures considérées comme stratégiques. C'est aujourd'hui autorisé, alors profitez-en. Prévoyez une petite heure juste pour passer de station en station, l'appareil photo à la main. C'est gratuit ou presque, et c'est l'une des visites les plus mémorables de la ville.

Sous sa grande coupole turquoise, un festival de couleurs, d'épices, de fruits secs et de pains. L'endroit parfait pour prendre le pouls de la vie locale.
Le cœur religieux de la ville. On y est allés en journée pour la visite, puis on y est retournés le soir pour le spectacle de lumières. Les deux ambiances valent le détour.
Le parc Ankhor et son mémorial, paisible et chargé d'histoire, puis une balade le long du canal jusqu'à la mosquée Minor, toute blanche, élégante et étonnamment contemporaine.
Tachkent a été notre terrain d'entraînement pour apprivoiser la cuisine locale. On y a goûté nos premières spécialités : le fameux plov (le riz pilaf national), les manti (raviolis vapeur), les cheburek (chaussons frits), les somsa (feuilletés cuits au four)... le tout en version végétarienne. Bonne nouvelle pour celles et ceux qui ne mangent pas de viande : on s'en sort très bien. On y reviendra plus bas.
Le verdict sur Tachkent
Une belle claque, dans le bon sens. On avait prévu Tachkent comme une simple porte d'entrée, on y a trouvé une vraie ville, vivante et métissée. Ne la zappez pas. On l'a d'ailleurs tellement appréciée qu'on s'est dépêché d'y revenir le dernier jour, dans le même hôtel sans prétention mais parfaitement situé, avant de reprendre l'avion.
Khiva : la ville-musée figée dans le temps
Pour rejoindre Khiva depuis Tachkent, on a pris le vol intérieur jusqu'à Ourgentch (la porte d'entrée de la ville), puis un court transfert. Le vol de 13h nous a permis de faire check-out tranquille le matin et d'arriver pour le check-in. Zéro stress.
Si une ville incarne le cliché de la Route de la Soie, c'est bien Khiva. Sa vieille ville fortifiée, qu'on appelle l'Itchan Kala (littéralement « la ville intérieure »), est un dédale de ruelles, de minarets et de médersas enserrés dans de hauts remparts de terre. On a l'impression de marcher dans un décor de cinéma. Sauf que tout est vrai. L'essentiel de ce qu'on visite date des 18e et 19e siècles, bâti sur des fondations bien plus anciennes, du temps où Khiva était la capitale de son propre khanat. Absolument magnifique !
Dormir dans les remparts
On avait fait le choix de loger à l'intérieur même de l'Itchan Kala, dans une petite guesthouse familiale typique. Et la révélation, ça a été le petit-déjeuner : tellement complet, avec fruits frais, crudités, pains et spécialités locales, qu'on en ressortait calés pour une bonne partie de la journée. Au final ça a rythmé notre journée en termes de nourriture : un gros petit-déj, un simple grignotage le midi (un somsa par-ci, par-là), et on gardait l'appétit pour le dîner.
Pour les dîners, on a craqué pour les restos à toit-terrasse, qui permettent d'admirer la vieille ville illuminée à la tombée de la nuit. Quand les remparts et les minarets s'éclairent et que la chaleur de la journée retombe.
En journée, l'Itchan Kala se remplit pas mal, et les ruelles se bordent de petites échoppes à souvenirs qui cassent un peu la magie. Solution ? Mettre le réveil à 5h. Et franchement, aucun regret. Voir le soleil se lever sur les remparts, avoir la vieille ville entièrement pour nous, déambuler dans des ruelles totalement désertes... le bonheur. On rentrait ensuite à la guesthouse pour le petit-déjeuner, avant de ressortir visiter. On a tellement aimé cette routine qu'on l'a reproduite à Boukhara et à Samarcande.
Khiva fonctionne avec un billet unique qui donne accès à la plupart des monuments de l'Itchan Kala. Pratique, parce qu'on circule librement d'un site à l'autre sans repayer à chaque porte. Quelques attractions demandent un petit supplément, notamment pour monter en haut d'un minaret. L'effort en vaut la peine : la vue sur les toits et les coupoles est superbe. Gardez bien votre billet sur vous, on vous le redemande à l'entrée de plusieurs sites.



Le verdict sur Khiva
Un bijou. Compact, préservé, magnifique au lever du jour ou en soirée. Trois nuits, c'est laaaaarge pour en profiter sans se presser, en calant les visites tôt le matin et le repos aux heures chaudes (en mai, ça tape déjà).
Boukhara : La cité-caravane préservée
Le trajet de Khiva à Boukhara, c'est là que notre plan « train » initial est tombé à l'eau au profit du transfert privé, organisé directement via notre guesthouse. Le hasard a bien fait les choses : on avait sympathisé avec un voyageur français intéressé par le même trajet. À trois, le coût devenait tout à fait raisonnable vu le nombre d'heures de transfert, environ 120$ pour la voiture, soit 40$ par personne. Et surtout, ça nous permettait de transformer un simple transfert en vraie journée d'excursion.
Les forteresses du désert, en chemin
L'intérêt de la voiture, c'est de pouvoir s'arrêter visiter les forteresses du désert (les fameuses qala du Khorezm), ces anciennes citadelles de terre plantées au milieu de nulle part. Sympas, mais pas inoubliables. C'est sans doute notre seule petite déception du voyage, et encore, le mot est fort. Le souci, c'est probablement qu'on les a vues juste après Khiva : difficile de rivaliser j'imagine. Si vous êtes passionné d'histoire, vous y trouverez votre compte. Sinon, ne culpabilisez pas si vous décidez de les zapper et d'opter pour le train ou un transfert direc. Et prévoyez de l'énergie : c'est une longue journée, arrivée à Boukhara vers 19h après un départ à 8h30 de Khiva. Vous pouvez aussi faire cette "excursion forteresses" à la journée depuis Khiva.
Après Khiva qui était assez compacte, Boukhara est bien plus grande, plus vivante, avec un centre historique où l'on passe sans transition d'un monument millénaire à une terrasse de café. On y a posé nos sacs quatre nuits, et on n'a pas vu le temps passer. Comme à Khiva, guesthouse typique en plein centre, petit-déjeuner inclus, et lever aux aurores pour profiter des monuments déserts. Encore une fois, quatre nuits c'est largement suffisant mais on a pu profiter de la fraicheur de la guesthouse les après-midi pour travailler, lire, faire des siestes, ...
Le cœur monumental de Boukhara, avec son immense minaret Kalon (celui-là même qui aurait impressionné Gengis Khan au point qu'il l'aurait épargné), sa mosquée et la médersa Mir-i-Arab, toujours en activité.
Cette place paisible organisée autour d'un bassin ancien, bordée de mûriers et de terrasses. L'endroit idéal pour souffler en fin de journée.
Le palais d'été Sitorai Mokhi Khosa, l'ancienne résidence estivale du dernier émir de Boukhara. J'ai adoré. C'est un mélange détonnant de styles, où l'artisanat ouzbek traditionnel se mélange aux influences russes et européennes rapportées par l'émir. Ce métissage de cultures, on l'avait déjà ressenti à Tachkent, et on le retrouve ici concentré dans un seul lieu. Ça change des médersas et ça vaut vraiment le détour.
Les coupoles marchandes (les taki), ces bazars couverts où l'on commerçait jadis par spécialité (changeurs, chapeliers, bijoutiers), valent le coup d'œil rien que pour l'architecture. Ajoutez le mausolée des Samanides, petit bijou de brique du 9e-10e siècle, et le Chor Minor avec ses quatre tourelles bleues, charmant et photogénique.
L'Ark, ancienne forteresse des émirs, est une véritable ville dans la ville qui ne nous a pas laissé un souvenir impérissable Juste en face, la mosquée Bolo Haouz et ses élégantes colonnes de bois finement sculptées qui se reflètent dans son bassin : c'était l'ancienne mosquée officielle des émirs.
Le verdict sur Boukhara
On a eu besoin d'un petit temps d'adaptation après le calme de Khiva car je pense qu'on ne s'attendait pas à une ville aussi vivante. Mais une fois ce moment passé, on a adoré Boukhara. Beaucoup de voyageurs croisés lors de notre voyage nous ont dit que Boukhara était leur étape préférée du voyage.
Samarcande : en prendre plein les yeux avant de rentrer
Le transfert vers Samarcande a été le plus simple de tout le voyage. On a tenté notre chance avec Yandex (l'équivalent local d'Uber), et un chauffeur a accepté le trajet directement, pour environ 20€ par personne. On a peut-être eu de la chance ce jour-là, je ne sais pas. Si ça n'avait pas marché, le plan B était tout tracé : direction la station de taxis partagés, où l'on trouve toujours une voiture pour ce trajet ultra-fréquenté.
Samarcande, c'est la ville que j'imagine quand je pense à la Route de la Soie. C'est plus grand, plus monumental, plus spectaculaire que tout ce qu'on avait vu jusque-là. Si Khiva charme par son intimité et Boukhara par son âme, Samarcande, elle, en met plein la vue. Inutile de préciser qu'on a remis en place notre routine du lever de soleil. Avoir le Régistan quasiment pour soi à 6h du matin, c'est une expérience qu'on n'oublie pas.
Le Régistan
Cette place encadrée par trois médersas monumentales aux façades couvertes de mosaïques est tout simplement l'une des plus belles choses qu'on ait vues de notre vie de voyageurs. Bonne nouvelle : même si le billet d'entrée ne se paie qu'une fois, on peut admirer la place sous tous les angles depuis l'extérieur, gratuitement. On était ravis d'y repasser à différents moments de la journée, du lever du jour aux illuminations du soir.
La nécropole Chah-e-Zindeh
Une allée de mausolées aux faïences turquoise d'une finesse hallucinante. On y est allés en fin de journée, quand la lumière est parfaite. C'est aussi à ce moment-là que le lieu se vide de ses touristes.
Bibi-Khanym, le Gour Emir et le bazar du Siab
La mosquée Bibi-Khanym, immense, l'une des plus grandes du monde islamique en son temps. Le Gour Emir, mausolée de Tamerlan, sous son extraordinaire coupole côtelée bleue. Et le bazar du Siab pour l'ambiance locale, les montagnes de fruits secs et le fameux pain rond de Samarcande. Ce sera pain à l'ail et jus de grenade pour nous.
À Samarcande, on a trouvé les entrées un peu plus chères qu'à Khiva ou Boukhara. Rien de prohibitif, et le Régistan reste raisonnable au vu de ce qu'on y voit, mais c'est bon à savoir. Quant au spectacle du soir au Régistan, c'est notre anecdote cocasse du voyage. Deux choses peuvent se produire : un jeu de lumières « classique » qui colore les façades (sympa, sans plus), et surtout un vrai mapping son et lumières qui retrace l'histoire du lieu, autrement plus impressionnant. Problème ? Impossible de savoir à l'avance quand il a lieu. Pourquoi ? Parce qu'il fonctionne à la commande : il faut qu'un groupe ou un tour-opérateur l'ait financé ce soir-là pour qu'il soit projeté. Notre conseil : renseignez-vous à la billetterie (ils ne savent pas toujours, mais ça vaut la tentative). Et si vous tombez sur le bon soir, sachez qu'on peut le regarder gratuitement depuis la plateforme à l'extérieur, sans billet.
On a un peu décroché du tout-local à Samarcande. Après dix jours de plov et de somsa, l'appel d'un bon restaurant indien (notre cuisine chouchou) a été plus fort et on s'est régalés. On en a aussi profité pour goûter au khatchapuri, ce pain géorgien fourré au fromage qui ressemble à une petite barque débordante d'œuf et de beurre. Ce n'est pas ouzbek mais on en croise très souvent dans les villes touristiques.

Le verdict sur Samarcande
Le bouquet final, à la hauteur du mythe. C'est la ville la plus spectaculaire de l'itinéraire, et le Régistan à lui seul justifie le voyage. Quatre nuits permettent d'y revenir à différentes heures et de caser l'excursion au Tadjikistan.
Les Sept Lacs
Une paranthèse nature au Tadjikistan
Au départ de Samarcande, on est partis une journée entière de l'autre côté de la frontière, au Tadjikistan, pour découvrir les fameux Sept Lacs nichés dans les montagnes.
On avait réservé l'excursion en ligne avant le départ, pour environ 75€ par personne, déjeuner et eau compris. L'organisation était impeccable, rien à redire. Le passage de la frontière prend un peu de temps (comptez une quarantaine de minutes dans le meilleur des cas), mais pas de visa requis pour les Belges, donc rien de compliqué.
Sur place, le contraste est total avec les villes-musées. Ici, plus de mosaïques ni de coupoles, mais une enfilade de lacs de montagne aux eaux qui passent du turquoise au vert profond, encaissés dans des vallées arides. C'est une bouffée de nature au milieu d'un voyage très « patrimoine », et c'était plutôt agréable.
Deux conseils pratiques :
- Le timing compte. Les lacs sont au plus beau quand ils sont bien remplis. Mai était ok pour ça, mais renseignez-vous sur la saison : un lac à moitié vide perd de son charme.
- Attention au mal des transports. Rien de dangereux, on s'est sentis en sécurité tout du long, mais les routes de montagne sont étroites et sinueuses. Si vous avez le mal de voiture, prévoyez de quoi vous prémunir.
Le point VG
Manger végétarien en Ouzbékistan : possible, mais un peu répétitif
Peut-on voyager végétarien dans un pays où le plat national, le plov, est traditionnellement un riz mijoté dans le gras de mouton ? La réponse est oui, sans difficulté majeure.
La bonne nouvelle, c'est que beaucoup de spécialités existent en version sans viande, et qu'on en trouve partout. Les somsa se déclinent à la citrouille, à la pomme de terre ou aux herbes. Les manti se trouvent aux légumes. Il y a les soupes, les salades de tomates-concombres omniprésentes, le bon pain rond (le non) à tous les repas, les fruits secs et les abricots à profusion. Et même le plov se décline parfois en version végétarienne dans les adresses habituées aux touristes.
La moins bonne nouvelle ? Sur quinze jours, le répertoire finit par tourner en rond. C'est très personnel et je dois bien avouer que je suis un peu difficile... On a vite fait le tour des options vraiment végé de la cuisine locale. Aucun souci, on s'est parfois écarté de la nourriture locale : un libanais à Boukhara, l'indien de Samarcande, le khatchapuri géorgien croisé un peu partout.
Budget
Combien coûte vraiment ce voyage ?
Parlons chiffres. Pour quinze jours en Ouzbékistan au mois de mai, voici ce qu'on a dépensé, par personne.
Avion
On a volé depuis Paris-Charles de Gaulle avec une escale à Ankara, avec AJET (la compagnie low-cost du groupe Turkish Airlines). Si vous acceptez de voyager sans fioritures (pas d'écran, pas de repas inclus, le minimum syndical), le rapport qualité-prix est excellent.
Total avion international par personne : 390€
Hébergements
(pour 2 personnes, donc à diviser par 2)
Khiva, Boukhara et Samarcande : Des guesthouses familiales typiques, bien situées en centre-ville, petit-déjeuner copieux inclus. Excellent rapport qualité-prix.
Tachkent : Hôtel bien situé en centre-ville avec petit-déjeuner buffet
Total hébergement pour 2 : 560€
Total hébergement par personne: 280€
Transports sur place
Le vol intérieur Tachkent-Ourgentch et l'ensemble des transferts privés et taxis partagés entre les villes. Voyager à trois sur certains trajets (comme le chauffeur privé Khiva-Boukhara) permet de bien diviser les coûts.
Concernant les trajets courts dans les villes : on a toujours utilisé l'appli Yandex Go, le Uber local. Facile à utiliser et très peu cher
Total transports par personne : 170€
Visites et nourriture
Total transports sur place par personne : 270€
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Le total ? 1185€ par personne pour quinze jours, vols internationaux compris.
Pour une destination aussi lointaine et dépaysante, on trouve ça vraiment imbattable.
Notre bilan
Alors, l'Ouzbékistan, ça vaut le coup ?
Sans hésiter, oui. C'est même l'une de nos plus belles surprises de voyage, toutes destinations confondues. On y est allés un peu sans attentes précises, et on en est revenus avec des étoiles plein les yeux et l'envie d'en parler à tout le monde.
Ce qui a bien fonctionné
L'itinéraire Tachkent-Khiva-Boukhara-Samarcande.
Un classique, et pour une bonne raison : il fonctionne à merveille. Chaque ville a sa personnalité et complète les autres.
Le rythme sur quinze jours.
On était large, et c'est exactement ce qu'on cherchait. De quoi visiter tôt, se reposer aux heures chaudes, et caser une excursion nature sans jamais courir. Si vous n'avez qu'une semaine de vacances, c'est tout à fait jouable avec le week-end avant et après.
Le lever aux aurores.
Avoir les vieilles villes désertes au lever du soleil, c'est notre meilleur souvenir. Si vous ne retenez qu'une chose, retenez celle-là.
Le taxi partagé.
Simple, souple, local et abordable. Ne stressez pas si vous loupez l'Afrosiyob.
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Vous avez envie de partir en Ouzbékistan ?
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